Se questo e un uomo

Se questo e un uomo
Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui ou pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre c½ur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants,
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.
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# Posté le mardi 03 novembre 2009 15:54

Extrait de "Les mots", Jean-Paul Sartre.

Extrait de "Les mots", Jean-Paul Sartre.
"Je n'écrirais pas pour le plaisir d'écrire mais pour tailler ce corps de gloire dans les mots. A la considérer du haut de ma tombe, ma naissance m'apparut comme un mal nécessaire, comme une incarnation tout à fait provisoire qui préparait ma transfiguration : pour renaître il fallait écrire, pour écrire il fallait un cerveau, des yeux, des bras; le travail terminé, ces organes se résorberaient d'eux-mêmes : aux environs de 1955, une larve éclaterait, vingt-cinq papillons in-folio s'en échapperaient, battant de toutes leurs pages pour s'aller poser sur un rayon de Bibliothèque nationale. Ces papillons ne seraient autres que moi. Moi : vingt-cinq tomes, dix-huit mille pages de texte, trois cents gravures dont le portrait de l'auteur. Mes os sont de cuir et de carton, ma chair parcheminée sent la colle et le champignon, à travers soixante kilos de papier je me carre, tout à l'aise. Je renais, je deviens enfin tout un homme, pensant, parlant, chantant, tonitruant, qui s'affirme avec l'inertie péremptoire de la matière. On me prend, on m'ouvre, on m'étale sur la table, on me lisse du plat de la main et parfois on me fait craquer. Je me laisse faire et puis tout à coup je fulgure, j'éblouis, je m'impose à distance, mes pouvoirs traversent l'espace et le temps, foudroient les méchants, protègent les bons. Nul ne peut m'oublier, ni me passer sous silence : je suis un grand fétiche maniable et terrible. Ma conscience est en miettes : tant mieux. D'autres consciences m'ont pris en charge. On me lit, je saute aux yeux; on me parle, je suis dans toutes les bouches, langue universelle et singulière; dans des millions de regards je me fais curiosité prospective; pour celui qui sait m'aimer, je suis son inquiétude la plus intime mais, s'il veut me toucher, je m'efface et disparais : je n'existe plus nulle part, je suis enfin ! je suis partout : parasite de l'humanité, mes bienfaits la rongent et l'obligent sans cesse à ressusciter mon absence. "

# Posté le mercredi 26 août 2009 18:55

En lisant cette article, je vous propose d'écouter ça : Comptine d'un autre été, l'Aprés-midi.

En lisant cette article, je vous propose d'écouter ça : Comptine d'un autre été, l'Aprés-midi.
Je ne sais pas si je le suis depuis toujours ou si ce sentiment vient de naître, mais je me sens nostalgique du temps d'avant. J'envie, je regrette, cette période que je ne connais que par bribes, cette période dont je ne connais finalement que les plus belles images. Cette enfance, bafouée, oubliée rarement raconté, les sourires & les vraies bêtises, le sucre et la famille, les petits plaisirs de la vie, les cafés du coin, le marché, les senteurs, un brin d'accordéon. Tout ce qui peut rendre une vie simple. Si je savais peindre, je réaliserais le tableau de ma vision avec un sourire en coin, un coin d'herbe au loin, des enfants joueurs & rieurs, un peu a la manière dont Doisneau nous le montre dans ses photos, des tons pastels, du naturel, une femme & une jupe volante, un regard mesquin masculin basculant sur la légèreté de la mademoiselle. Tout ça, tout ses sentiments refoulant qui refoule en moi une vague de nostalgie, d'envie & de regret.

# Posté le mercredi 10 juin 2009 16:45

Modifié le lundi 15 juin 2009 17:43

Cynisme, tu m'auras & tu mourras

Cynisme, tu m'auras & tu mourras
Bonjour je suis le docteur Amour, je viens vous injecter dans le sang de la novocaine et quelque gouttes de Lexomil. D'autres drogues, aussi, dont je ne connais pas les effets secondaires. Je suis, la quand vous ne vous y attendez pas, je surgit je fais 'bouh' et puis je repars par la, ou tu ne connais pas. Bonjour, je viens t'injecter directement par voie intraveineuse ta dose quotidienne de dépendance a moi. Bonjour, on ne se connait pas mais tout le monde a besoin de moi, on me respire trés fort: je suis une ligne sucrée dont le goût est un peu amer. Bonjour, regarde moi, les effets dévastateurs que j'ai provoquer sont connus de tous mais toujours mystifier, on m'idéalise par des poèmes depuis la nuit des temps. Mais je ne suis que chimère. Je rie de vous, quand vous vous passer la bague au doigt, pendant que d'autre se passe la corde au coup. Je rie de vous et de vos mots doux, je rie de tous, je suis impitoyable. Je suis le Docteur Amour. _____On m'apelle, je pars Aurevoir.
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# Posté le jeudi 28 mai 2009 16:47

Un passage d'un film, un passage d'une vie.

Bon, je ne vous la présente plus, tant elle est présente sur ce blog et tant elle connu. Audrey Tautou, qui est pour moi LA meilleure actrice du cinéma français de nos jours. Même si je ne suis qu'une amatrice dans le domaine cinématographique, je peux vous dire que tout ses films ont su me touché. Rien que par son regard que je me sens troublée, elle a quelque chose dans ses yeux que les autres n'ont pas. A travers ses films j'aime retrouvé l'odeur du passé, je comprend mieux quand les gens me disent : "c'était mieux avant", a elle seule elle fait revivre une génération, par ses rôles toujours bien appropriés a sa personnalité. Sa simplicité qui fait face a la complexité des films, sa douceur qui se mêle a merveille avec son impulsivité, vraiment je savoure chaque minute où elle apparait a l'écran. Voilà ici un passage que j'aime, qui me dit que la vie c'est aussi ça, que la parole peut servir de guide, qu'en un seul coup d'oeil nous pouvons voir tellement de choses, ces choses que l'on passe a côté et qui pourtant sont tellement belles ...
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# Posté le mardi 26 mai 2009 15:39

Modifié le mardi 26 mai 2009 15:49