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Ici, tout est fini.
Ailleurs, tout recommence.

# Posté le dimanche 17 janvier 2010 08:29

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Si j'ose me permettre mademoiselle, laisseriez-vous allez votre corps de gazelle sur cet air entraineur?
Ne vous effrayez pas, non de mon tact, mais vous êtes si frêle que je me sens battre de mes ailes.
Laisseriez-vous le temps d'un Vian, sur cette chanson, mélanger nos pas pour partager un frisson?
Je vous regarde, vous mire et vous admire, vous êtes une toupie, vous êtes une lyre.
Puis-je me permettre de vous dire, que je nous vois deux ici, sur ce lieu?

La danseuse, qui n'aimait guerre parler, cessa tout flot de parole superflues, en lui prenant la main, en la mettant nue.
Elles étaient deux sur la piste, deux ailes [elles] qui grandissent.

# Posté le mardi 05 janvier 2010 21:43

Deux petites souris tombent dans un seau de crème. La première souris abandonne très vite et se noie, la deuxième se débat tellement fort qu'elle change la crème en beurre. À partir de maintenant je suis cette deuxième souris.

A toi, qui lira, mais qui ne comprendras pas.
Les mots, qui sont plus forts que toi.

Est-ce un tort, est-ce une punition le bonheur?
Quand on sent qu'il nous effleure, que doit-on faire?
L'étreindre, et l'étouffer ou bien l'atteindre et le quitter?
Que fait-on de ce lot de sentiments quand on a l'impression de ne pas l'avoir mériter?
Doit-on toujours en profiter ou bien se questionner ?
Que fait-on quand il n'y a personne au bout du téléphone?
Et que, quand bien même le filament d'une voix se ferait entendre elle ne serait que l'écho d'une autre langue?
Deux chemins divergents cheminent-ils vers un carrefour convergent ?
Que fait-on quand le bonheur et le malheur se cambrent, comme le cheval sur le champ de bataille ?
Pourquoi la remise en question vient perturber, le long fleuve tranquille?
Pour en faire un torrent? Si l'eau passe, est-ce que le temps pousse?
Est-ce que l'on peut grandir, si quelqu'un nous aide?
Est-ce que l'on peut grandir sans le vouloir?
Est-ce que l'on peut détruire une vie, pour une autre ?
Et si c'était sa la mort?
Est-ce que tu vois que je suis perdue?
Est-ce que tu vois que ma solitude et moi, nous nous portons bien?
Est-ce que tu vois, au delà?
Est-ce que tu vois que je ne m'adresse a personne?
Deux petites souris tombent dans un seau de crème. La première souris abandonne très vite et se noie, la deuxième se débat tellement fort qu’elle change la crème en beurre. À partir de maintenant je suis cette deuxième souris.

# Posté le mardi 05 janvier 2010 21:22

Se questo e un uomo

Se questo e un uomo
Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui ou pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre c½ur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants,
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

# Posté le mardi 03 novembre 2009 15:54

Extrait de "Les mots", Jean-Paul Sartre.

Extrait de "Les mots", Jean-Paul Sartre.
"Je n'écrirais pas pour le plaisir d'écrire mais pour tailler ce corps de gloire dans les mots. A la considérer du haut de ma tombe, ma naissance m'apparut comme un mal nécessaire, comme une incarnation tout à fait provisoire qui préparait ma transfiguration : pour renaître il fallait écrire, pour écrire il fallait un cerveau, des yeux, des bras; le travail terminé, ces organes se résorberaient d'eux-mêmes : aux environs de 1955, une larve éclaterait, vingt-cinq papillons in-folio s'en échapperaient, battant de toutes leurs pages pour s'aller poser sur un rayon de Bibliothèque nationale. Ces papillons ne seraient autres que moi. Moi : vingt-cinq tomes, dix-huit mille pages de texte, trois cents gravures dont le portrait de l'auteur. Mes os sont de cuir et de carton, ma chair parcheminée sent la colle et le champignon, à travers soixante kilos de papier je me carre, tout à l'aise. Je renais, je deviens enfin tout un homme, pensant, parlant, chantant, tonitruant, qui s'affirme avec l'inertie péremptoire de la matière. On me prend, on m'ouvre, on m'étale sur la table, on me lisse du plat de la main et parfois on me fait craquer. Je me laisse faire et puis tout à coup je fulgure, j'éblouis, je m'impose à distance, mes pouvoirs traversent l'espace et le temps, foudroient les méchants, protègent les bons. Nul ne peut m'oublier, ni me passer sous silence : je suis un grand fétiche maniable et terrible. Ma conscience est en miettes : tant mieux. D'autres consciences m'ont pris en charge. On me lit, je saute aux yeux; on me parle, je suis dans toutes les bouches, langue universelle et singulière; dans des millions de regards je me fais curiosité prospective; pour celui qui sait m'aimer, je suis son inquiétude la plus intime mais, s'il veut me toucher, je m'efface et disparais : je n'existe plus nulle part, je suis enfin ! je suis partout : parasite de l'humanité, mes bienfaits la rongent et l'obligent sans cesse à ressusciter mon absence. "

# Posté le mercredi 26 août 2009 18:55