Essais poétiques.

Essais poétiques.
Je croyais avoir tout vu,
Des monts et des merveilles.
Avoir franchi, du haut de mon éveil,
Un soupçon, une odeur.
Je croyais avoir eu des ailes, m'éterniser dans le ciel,
M'affranchir de tous les interdis.
Vagabondant insoucieux, inconscient.
Je croyais avoir gravis des montagnes de pleurs,
M'être libéré de ton zèle, de ton ardeur.
Du souffle chaud qui me parcours aujourd'hui,
je ne suis plus que l'ombre. L'ombre d'une vie.



Mon Village.

Croissant et croisant, des jeunes et des vieux gens,
Je grandis dans cette chaumière froide et chaleureuse,
Que la cheminée, en hiver, doucettement réchauffe.
Je m'assoie au seuil de la porte, admire cette lenteur mouvante.
Combien, ont-ici pleurer? Combien ont-ici penser?
A la place d'une place, je me fais, le temps d'une seconde, le songe d'un songe.
Combien ont-ici quitter? Combien ont-ici admirer?
Ne me lasse, de penser, au moment où quitter je devrais.
Qu'adviendra-t-il de ce silence enjoliveur ? De cette rue, de cette pente bétonnée chère a mon c½ur.
Le destin funeste, me rendra-t-il aveugle?
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# Posté le vendredi 18 décembre 2009 06:26

Ca fait un bail. Il s'en est passé des choses.

Ca fait un bail. Il s'en est passé des choses.
J'écris sur un blog, parce que je me suis rendue compte que d'écrire sur des lettres c'est frustrant, quand on ose jamais les envoyées. J'ai entassé, des cinquantaines de lettres non-écrites depuis quelques temps déjà, bien cachées au fond de ma chambre, pour que jamais personne ne puisse y toucher. Et lorsque vient le temps du rangement (du changement... [pourquoi les mots sont-ils si liés phonétiquement par moment ?]) on se prends une après-midi pour remuer ce tas d'encre. Et là c'est la décadence : honte, rejet, peine, déception. Voila ce que je vois lorsque je relis mes lettres. Mes bons sentiments, au fil du temps, ont mouvés en une sorte de haine du passé, qui me poursuit chaque jour un peu plus. Alors j'ai pris tout ces papiers, je les ai froissés et brûlés. Un tas de souvenirs. Un tas de cendres. Et je ne regrette pas.
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# Posté le mercredi 16 décembre 2009 17:27

Se questo e un uomo

Se questo e un uomo
Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui ou pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre c½ur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants,
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.
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# Posté le mardi 03 novembre 2009 15:54

Extrait de "Les mots", Jean-Paul Sartre.

Extrait de "Les mots", Jean-Paul Sartre.
"Je n'écrirais pas pour le plaisir d'écrire mais pour tailler ce corps de gloire dans les mots. A la considérer du haut de ma tombe, ma naissance m'apparut comme un mal nécessaire, comme une incarnation tout à fait provisoire qui préparait ma transfiguration : pour renaître il fallait écrire, pour écrire il fallait un cerveau, des yeux, des bras; le travail terminé, ces organes se résorberaient d'eux-mêmes : aux environs de 1955, une larve éclaterait, vingt-cinq papillons in-folio s'en échapperaient, battant de toutes leurs pages pour s'aller poser sur un rayon de Bibliothèque nationale. Ces papillons ne seraient autres que moi. Moi : vingt-cinq tomes, dix-huit mille pages de texte, trois cents gravures dont le portrait de l'auteur. Mes os sont de cuir et de carton, ma chair parcheminée sent la colle et le champignon, à travers soixante kilos de papier je me carre, tout à l'aise. Je renais, je deviens enfin tout un homme, pensant, parlant, chantant, tonitruant, qui s'affirme avec l'inertie péremptoire de la matière. On me prend, on m'ouvre, on m'étale sur la table, on me lisse du plat de la main et parfois on me fait craquer. Je me laisse faire et puis tout à coup je fulgure, j'éblouis, je m'impose à distance, mes pouvoirs traversent l'espace et le temps, foudroient les méchants, protègent les bons. Nul ne peut m'oublier, ni me passer sous silence : je suis un grand fétiche maniable et terrible. Ma conscience est en miettes : tant mieux. D'autres consciences m'ont pris en charge. On me lit, je saute aux yeux; on me parle, je suis dans toutes les bouches, langue universelle et singulière; dans des millions de regards je me fais curiosité prospective; pour celui qui sait m'aimer, je suis son inquiétude la plus intime mais, s'il veut me toucher, je m'efface et disparais : je n'existe plus nulle part, je suis enfin ! je suis partout : parasite de l'humanité, mes bienfaits la rongent et l'obligent sans cesse à ressusciter mon absence. "

# Posté le mercredi 26 août 2009 18:55

En lisant cette article, je vous propose d'écouter ça : Comptine d'un autre été, l'Aprés-midi.

En lisant cette article, je vous propose d'écouter ça : Comptine d'un autre été, l'Aprés-midi.
Je ne sais pas si je le suis depuis toujours ou si ce sentiment vient de naître, mais je me sens nostalgique du temps d'avant. J'envie, je regrette, cette période que je ne connais que par bribes, cette période dont je ne connais finalement que les plus belles images. Cette enfance, bafouée, oubliée rarement raconté, les sourires & les vraies bêtises, le sucre et la famille, les petits plaisirs de la vie, les cafés du coin, le marché, les senteurs, un brin d'accordéon. Tout ce qui peut rendre une vie simple. Si je savais peindre, je réaliserais le tableau de ma vision avec un sourire en coin, un coin d'herbe au loin, des enfants joueurs & rieurs, un peu a la manière dont Doisneau nous le montre dans ses photos, des tons pastels, du naturel, une femme & une jupe volante, un regard mesquin masculin basculant sur la légèreté de la mademoiselle. Tout ça, tout ses sentiments refoulant qui refoule en moi une vague de nostalgie, d'envie & de regret.

# Posté le mercredi 10 juin 2009 16:45

Modifié le lundi 15 juin 2009 17:43